Paroisse Saint-Léon (Paris 15e)
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Edito du dimanche 30 juin 2013

BLESSÉS DE LA VIE ET DE LA SUPERFICIALITÉ « Quiconque a mis la main à la charrue et regarde en arrière est impropre au Royaume de Dieu. »

Il y a 19 ans, j’ai entendu cette phrase au moment où j’achevais ma première année de séminaire, et j’étais très partagé entre le fait de continuer ma formation sacerdotale et la possibilité de reprendre mon travail. C’est cette phrase qui m’a fait décider. Mais, à cette époque, je n’étais pas pleinement conscient du fait que cette charrue - qui doit labourer le coeur des hommes pour qu’ils puissent accueillir le grain de la Parole de Dieu - devait surtout servir à labourer mon coeur à moi. Et dans quelle mesure !
Cela s’est fait pendant les années de séminaire et de mission pastorale, mais aussi et surtout pendant cette dernière année à Saint-Léon, où la paroisse a été bousculée par la nomination imprévue du Père Bruno à la charge de vicaire général. Une année où, tous, nous avons été obligés de nous adapter à la circonstance. Mais aussi une année où j’ai pu apprécier l’aide et la compréhension de vous tous. Vous qui ne m’avez jamais fait peser le fait de remplacer, encore que temporairement, le Père Bruno – qui était et qui est, à bonne raison, très aimé- en m’aidant à mener à bien tout ce qu’il avait mis en place à Saint-Léon. J’espère seulement de ne pas avoir été un trop grand obstacle à la transmission de la Parole et de l’Amour de Dieu, en demandant pardon à toutes les personnes que j’ai pu blesser.
L’évangile d’aujourd’hui nous dit clairement un aspect de la vie chrétienne qu’on oublie souvent : on ne choisit pas d’être chrétien. On est choisi ! Et on est choisi malgré nous, et nos défauts ! Combien de fois je me suis dit : « Mais, Seigneur, tu aurais pu choisir celui-là : il aurait été bien plus efficace que moi » ! Non ! Plus on découvre son insuffisance, plus on est prêt à suivre le Christ. Je disais que la charrue est passée sur moi en ces années : grâce à elle, j’ai pu voir clairement que, pour ce qui me concerne, le Seigneur a voulu choisir un superficiel - qui aurait aimé continuer à vivre en superficiel - et l’a amené, par les événements de son histoire personnelle, à Vivre dans une autre dimension. Mais n’est-ce pas ça, en fin de compte, le propre de la vie de l’homme ?
Alors, j’ai pu Vivre, et, de surcroit, redonner la Parole de Dieu que j’avais reçue. Mais le combat reste entier pour moi, pour que cette profondeur ne reste pas un déguisement dicté par un besoin contingent – et dont on ne rêve que de s’en débarrasser, dès qu’on en en aura plus besoin - mais devienne une manière d’être, un « habitus ». Je sais qu’il y a parmi nous aussi des personnes qui ont eu une vie plus linéaire, ou qui arrivent à bien vivre leur vie chrétienne, grâce à leur force morale. Grâces soient rendues à Dieu pour cela. Mais je vous implore de ne pas vouloir considérer superflue cette tendresse de l’Eglise qui amène au Christ les blessés de la vie… et de la superficialité. Les bras cassés, les petits, en ont besoin ! Il pourrait même s’agir un jour de vos enfants, ou de vos petits-enfants, ou, peutêtre, de vous, parce qu’on ne peut jamais savoir ce que la vie nous réserve. Et l’Eglise elle-même, sans la profondeur des blessés de la vie, deviendrait du sel qui perd toute sa saveur, bon seulement à être piétiné par les hommes (Mt 5,13), c’està- dire à la merci de toute forme de pouvoir et de toute idéologie. Avec toutes les conséquences qu’on voit déjà en France, en Europe, et dans le reste du monde.
Père Giuseppe Franco, Administrateur paroissial

 

Paroisse Saint-Léon à Paris - 2011