Paroisse Saint-Léon (Paris 15e)
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Paroisse Saint-Léon
1 place du Cardinal Amette
75015 PARIS
Tél : 01 53 69 60 10
Fax : 01 53 69 60 11
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Visite culturelle de L’église Saint-Léon :1924-1945

architecture et décoration
Depuis le dernier quart du XIXe, des fidèles habitant au sud du Champ de Mars, ballottés entre Saint-Pierre du Gros Caillou et Saint -Jean-Baptiste de Grenelle, souhaitaient avoir pour eux une église paroissiale en propre.
Avec la loi de Séparation de 1905, l’État ne finance plus la construction ni l’entretien de nouvelles églises, mais les autorités religieuses sont en revanche plus libres dans leurs choix. En 1909, elles décident d’ériger une église votive à Jeanne d’Arc (béatifiée la même année) ; une riche famille pieuse offre un terrain, occupé auparavant par le Palais du Travail de l’Exposition universelle de 1900, édifice éphémère démoli en 1906. L’architecte, choisi sur concours en 1913 par le diocèse, sera Émile Brunet (1872-1952), architecte des Monuments historiques qui a travaillé à restaurer Notre-Dame ; c’est un élève du disciple préféré de Viollet-le-Duc, Anatole de Baudot. Celui-ci a construit St Jean de Montmartre, néo-gothique (1894-1904), place des Abbesses, première église de France à structure de béton, mais recouverte de briques et de céramiques (le béton n’est pas considéré comme un « matériau noble » : refus du béton nu, du « nudisme » dit-on par dérision).
Brunet propose en 1913 une église à « squelette » de béton recouvert de briques, église d’aspect néo-roman ; Le projet, arrêté par la guerre, est repris en 1923 : Brunet, qui a travaillé en 1919-23 à la reconstruction d’églises du Nord, remplace le néo-roman par du néo-gothique (façade et clocher), enfin par du style contemporain, « art-déco » (Exposition internationale des Arts décoratifs et industriels à Paris en 1925), une église de son temps.
Par ailleurs divers facteurs amènent à remplacer la vaste église votive à Jeanne d’Arc par une église Saint-Léon, église paroissiale dédiée au pape Léon Ier le Grand (pape de 440 à 461, docteur de l’Église depuis 1754) :
1- Besoin d’église accentué par l’essor urbain (lotissement des marges du Champ de Mars depuis 1904), mais la municipalité impose en 1924 une voie autour de l’église, ce qui réduit la superficie de celle-ci,
2- Offre du financement de la nef par Mme Léon Thelier, veuve, avec vœu que l’église porte le nom du saint patron de son époux,
3- Décès en août 1920 du cardinal archevêque de Paris, Léon Amette, qui avait joué un rôle important dans l’Union sacrée pendant la guerre et œuvré à la réconciliation de la République française avec la papauté.
En 1924, la municipalité baptise Place du Cardinal Amette la voie entourant l’église et aménage la place Dupleix sur le terrain vague entre église et caserne : ces dégagements mettront l’église en valeur et faciliteront les cérémonies extérieures. 1ère pierre : 15/10/24 ; 1ère messe : 15/10/25 ; la paroisse est érigée le 29/10/26.

Architecture :
Nef (1924-26) de 16 m de large, en béton, bas-côtés en
communication ouverte avec la nef et le chœur grâce à la légèreté de minces piliers en béton, chœur à haute coupole carrée terminée en baldaquin, avec grandes ouvertures fournissant un éclairage zénithal, abside (1929) en cul de four, façade (1932) à portes façon art-déco. Le béton, moins coûteux que la pierre, permet de créer des formes hardies et légères (voûtes hautes et larges, de faible épaisseur, ouvertures pour vitraux, etc.)
Le clocher 1933-34), signal bien visible (malgré la tour Eiffel proche), revêt la forme originale et pure d’un demi-fuseau galbé ; il est inspiré du « stupa » des temples et mausolées des Indes néerlandaises (Indonésie), forme alors reprise aux Pays Bas par les colonisateurs pour orner des bâtiments civils et religieux en brique ; l’architecte était allé avant 1913 à Amsterdam pour étudier l’utilisation décorative de la brique, là-bas très en avance (nouvelle Bourse d’Amsterdam par Hendrik Petrus Berlage, etc.) La construction, au rythme des donations et des résultats des quêtes et « journées d’amitié » organisées depuis 1926, s’achève vers 1935. Il reste à terminer la décoration alors que la France est atteinte par la crise de 29, puis par les rigueurs de l’Occupation.

Décoration :
Le grand mérite d’Emile Brunet est d’avoir veillé à harmoniser la décoration avec l’architecture, pour les formes et les couleurs, d’avoir choisi les divers décorateurs parmi les maîtres reconnus dans ce qu’on appelle depuis 1925 le style « art-déco » (Raymond Subes pour la
ferronnerie d’art, Louis Barillet pour les principaux vitraux, Auguste Labouret pour les mosaïques et pour les vitraux hauts de la nef, Henri Bouchard pour la sculpture), lui-même dessinant certains éléments bien assortis au reste : lustres de fer martelé, cuivre et verre cathédrale, autel en marbre de Sienne, chaire de marbre et fer martelé (enlevée après Vatican II), sièges du chœur, bénitiers et cuve baptismale, confessionnaux. Grande homogénéité de style.

- Briques (matériau de parement fréquent dans les églises parisienne du premier tiers du XXe, comme St Jean de Montmartre, St Christophe de Javel, Ste Odile, St Antoine de Padoue) : variété de couleurs bien harmonisées (surtout la brique de Caen, jaune clair, en intérieur et extérieur, alternant avec la brique orange de Dizy, brique rosée pour les voûtes), jeu de carreaux de céramiques dorées ou bleues, appareillage de la brique en vannerie (nef), jeu d’ondulations (tribunes du chœur), tonalité blonde.

- Mosaïques par Auguste Labouret (1871-1964), artiste reconnu pour ses mosaïques et ses vitraux de dalles de verre dans , des œuvres civiles (gare de St Quentin, salle de bains royale au Quai d’Orsaypour recevoir Georges VI…) et religieuses (St Ferdinand des Ternes, basilique Ste Anne de Beaupré au Québec, maître-autel de Ste Odile). La technique de la mosaïque est en vogue depuis la décoration intérieure du Sacré-Cœur de Montmartre, à partir de 1901. A Saint-Léon, d’abord celles de la façade extérieure, avec le pape saint Léondes anges, des motifs décoratifs (1934-35). Les principales sont réalisées à partir de 1941 (plutôt par l’équipe de Labouret, lui-même étant surtout occupé au Québec). Scènes mariales didactiques sur le cul de four de l’abside (Couronnement avec rehauts d’or, Nativité, rencontre au Golgotha). Apôtres au dessus des portes intérieures. Scènes narratives sur la vie du pape saint Léon pour l’arc triomphal d’entrée du chœur (en particulier saint Léon arrêtant Attila à Mantoue en 452, les boucliers des soldats d’Attila évoquant les formes et couleurs des emblèmes nazis).

- Ferronneries par Raymond Subes (1891-1970), le plus grand
spécialiste de la ferronnerie d’art de l’époque (meubles, rampes et balustrades dans de grands hôtels, théâtres, paquebots, hôtels de ville, etc.), qui allie le fer martelé et le cuivre. Barrières des autels (avec épis de blé et grappes de raisin) et ambons (avec symboles des évangélistes, en tôles de cuivre découpées) sont ainsi transparents : la visibilité du sanctuaire est bien assurée. Fers aussi dans les confessionnaux, les lustres (en partie disparus), les garde-corps des tribunes (avec anges musiciens). Problèmes en 1940-44 : forte pénurie de métal, de cuivre à l’usage contrôlé car réquisitionné par Vichy pour l’armement des Allemands.

- Vitraux par Louis Barillet (180-1948) à partir de 1928. Il a déjà
décoré des villas de Robert Mallet-Stevens et le pavillon de la ville de Paris à l’exposition de 1925. Chrétien, il appartient à l’association des Artisans de l’autel, mais travaille plus pour des commandes civiles. C’est un des maîtres-verriers ayant rénové l’art du vitrail dans les années vingt et trente. Il réalise des vitraux en « verre blanc américain », à reliefs variés, verres de petit format. Belle série des dix ensembles de trois vitraux des bas-côtés, en blanc, jaune et bleu, avec deux figures (saint Paul et saint Jean) et motifs géométriques accompagnés de symboles des sacrements (bas-côté gauche), de symboles inspirés des Évangiles et des instruments de la Passion (droite). Trois vitraux étroits (lancettes) dans l’abside, néo-médiévaux en rouge et bleu, mal assortis aux mosaïques et aux tons de l’église (but : masquer les rayons du soleil matinal). Les vitraux hauts de la nef sont de l’atelier (pas de la main) d’Auguste Labouret ; réalisés sous l’Occupation (pénurie de matériau de qualité et de sources de financement), ils représentent des saints français (patriotisme et nostalgie d’occupés) mais n’ont pas la qualité de ceux de Barillet.

- Sculpture par Henri Bouchard (1875-1960), prix de Rome qui a participé à l’Exposition de Arts décoratifs de 1925 ; il est l’auteur de la Vierge à l’Enfant Vierge à l'enfant dans une manderole. henri Bouchard 1931, dans une mandorle, placée dans l’abside en 1931 Il a réalisé en particulier le fronton sculpté de Saint-Pierre de Chaillot (1932-35) et l’Apollon de sept mètres de haut de l’esplanade des Droits de l’homme au Trocadéro (Exposition universelle de 1937) avant d’accepter diverses responsabilités sous l’Occupation. La paroisse lui a commandé en 1937 le chemin de croix (selon un modèle déjà réalisé en d’autres lieux, dans plusieurs formats et matières), en pierre calcaire de Quilly ; sculpté directement dans les chapiteaux des bas-côtés, il est très stylisé et pur, centré sur les visages et les mains, mais peu éclairé. D’autres statues sont acquises peu à peu, grâce à des dons et, de 1940 à 1944, à des subventions de l’État français (administration des Beaux-Atrs) : le Christ du Sacré-Cœur, saint Joseph et l’Enfant Jésus, Notre-Dame de Lourdes, sainte Thérèse de l’Enfant Jésus. Toutes ces statues, de Bouchard ou de sculpteurs peu connus ou inconnus, ont une certaine unité de forme, dans l’esprit art-déco de stylisation et de raideur.

- Mobilier en bois : en chêne massif blond ; l’architecte Émile Brunet l’a en partie dessiné lui-même, afin d’homogénéiser l’ensemble : sièges presbytéraux, bancs et confessionnaux.

- Orgues : de bonne qualité musicale, restaurées il y a dix ans, elles avaient été acquises d’occasion ; elles ne sont pas dans le style de l’église et masquent en outre un beau vitrail géométrique de Barillet.

Bernard RICHARD pour l’Accueil de Saint-Léon, d’après L’église Saint-Léon, sa construction et ses aménagements par Françoise HAMON, Le Lien, n° hors-série de mars 2000 (essentiel) ; Historique de la construction de Saint-Léon par Louis MAURY, alors curé de Saint-Léon, auto-édition, 1960 ; Églises parisiennes du XXe siècle sous la dir. de Simon TEXIER, Action artistique de la ville de Paris, 1996.

 

Paroisse Saint-Léon à Paris - 2011