Paroisse Saint-Léon (Paris 15e)
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Edito du dimanche 25 mars 2012


Le Corps blessé
L’émotion profonde qui nous étreint, en ce moment, est doublement légitime.
Abattre froidement des soldats français, prêts au sacrifice de leur vie, non par intérêt
personnel, mais pour défendre des valeurs essentielles, c’est en quelque sorte attaquer
la nation, ou notre patrie, suivant la sensibilité de chacun.
Massacrer des enfants juifs et leurs aînés nous renvoie à une terrible période que
l’on voudrait définitivement révolue, d’autant plus qu’elle nous a obligé à un
examen de conscience, voire à une conversion.

Mais il faut donner un sens à cette émotion, pour la dépasser. Je remarque avec joie
que ce drame, paradoxalement, porte un fruit, une espérance. Peut-être, je le reconnais,
grâce à la redoutable efficacité de la police, dont nous avons des raisons d’être
fiers. Même si je n’ai pas d’illusion, dans l’immédiat, aucun amalgame, aucune
promesse de vengeance, ni même promesse de punition sévère. Aucun langage
victimaire, forme subtile de terrorisme…Ni en France, ni en Israël, ni en Palestine.
Au contraire, un soutien mutuel, une reconnaissance mutuelle dans le refus de se
soumettre à la violence barbare, dans le respect du droit.
Quel progrès dans l’unité de la communauté humaine
 !

Ainsi, nous pouvons, au-delà des symboles, avoir, librement, une authentique compassion
pour les familles de ces « frères » que l’on a massacrés.
Mais aussi pour le « frère », comme disait le père Christian de Chergé, qui a commis
ces meurtres.
Est-ce le lieu pour parler de cela ? Je le crois : un chrétien doit interpréter les évènements,
à la lumière de la Révélation, et s’engager, au nom de sa foi, pour le bien de
l’humanité
.
Je crois que l’humanité entière est un seul Corps, en l’unique personne de Jésus.
Il est le seul homme qui a eu une empathie parfaite pour chaque homme, chaque
femme, chaque enfant, chaque victime, chaque assassin, chaque « larron », chaque
« judas », chaque pécheur… La contemplation de la croix, bientôt, doit nous permettre
de le comprendre plus profondément. La sagesse commence quand j’assume
le fait que je suis capable, à mon niveau, de massacrer les autres, par exemple
en paroles. Je ferai alors un examen lucide de mon coeur et de mes comportements
en famille, au travail, dans mon immeuble, dans ma communauté paroissiale, dans
la société…
Alors la grâce du pardon donné et reçu peut m’envahir, alors la vie peut triompher.
Il est plus grand de vaincre le mal par l’amour que de vouloir l’éradiquer :
c’est ce que nous révèle la croix.
Jean Villeminot, diacre permanent

 

Paroisse Saint-Léon à Paris - 2011